[VIDEO] – Obsèques à la Métropole

Des personnes en habit de deuil se sont réunies ce vendredi 20 novembre 2020 devant le siège de la Métropole pour dénoncer la responsabilité de la Métropole dans la récente destruction d’un jardin partagé situé sur la commune de Saint-Martin-le-Vinoux. Des banderoles ont été déployées, tandis qu’un arbre mort issu du jardin était porté et symboliquement déposé devant l’entrée principale du bâtiment. Les participant·es ont observé une minute de silence en hommage aux arbres détruits, avant de placarder un « avis de décès » sur les portes du bâtiment. Un texte qui honore les jardins, dénonce les responsables, et termine en affirmant sa solidarité envers d’autres terres menacées dans la métropole grenobloise. Le voici :

Avis de décès

A Saint-Martin-le-Vinoux

LES JARDINS DE LA BUISSERATE

Date de la mort : 2 novembre 2020

Les jardins de la Buisserate ne sont plus. Il aura fallu moins de trois heures aux tractopelles pour faire disparaître ce que l’homme et la nature avaient mis soixante-dix ans à créer.

Est MORTE une véritable forêt d’arbres fruitiers, plantée avec passion, taillée avec amour, nourrie par une terre fertile, elle donnait des fruits en abondance.

Cette terre, aujourd’hui détruite par l’avidité de promoteurs immobiliers, nombreux sont ceux qui la fréquentaient enfants, et en cueillaient les fruits. Juste la contempler par la fenêtre, cela faisait du bien.

BAFOUÉES, les valeurs de partage non-marchand, de lien social, de résilience. Loin de nous, la sagesse apportée par la nature.

DEMAIN, les dernières terres libres de la Métropole subiront le même sort, victimes de l’aveuglement d’élus qui enterrent l’intérêt public et la démocratie.

DEMAIN, si on laisse tout pouvoir aux élus, le projet Portes du Vercors à Sassenage détruira encore plus de terres cultivables ; le centre d’hyperconsommation Neyrpic s’élèvera à Saint-Martin d’Hères ; des arbres centenaires seront abattus ; un nouveau parc sera détruit à Grenoble ; un jardin collectif deviendra parking à Fontaine…

Alors ne les laissons pas reposer en paix. Nos villes, nos quartiers, nos terres, appartiennent aux générations futures.

Défendons-les.